Pascal Montrouge
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La théorie d'antoine (en tournée)

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« Ce qui m'est arrivé personnellement ne mérite guerre qu'on en parle » Albert Einstein, Lettre à Paul Valery

La scène est plongée dans un noir profond. Sur son bord émerge un pentagone de lumière. A l'intérieur, deux corps. Inlassablement, ils répètent une combinaison de mouvements. Deux corps proches saisis dans une relation gémellaire qui tentent de remonter le cours de leur histoire. Jusqu'à retrouver peut-être, une source commune, unique. En parallèle, en contre point, dans la pénombre, un troisième corps agit comme une respiration, un souffle. Fondamentalement abstraite, La théorie d'antoine est née d'une interrogation à la fois simple et complexe : comment montrer l'unique ? La réponse du chorégraphe ne s'est pas faite attendre : « Il m'a semblé que je devais en passer par l'autre, le très semblable mais le radicalement différent », explique-t-il. D'où cette étrange proposition : deux danseuses qui dans un unisson absolu, sur le mode de l'expansion, répètent une combinaison de onze mouvements. L'ambition poétique est ici « de révéler l'importance de cet espace vide qu'il y a entre deux corps mais qui paradoxalement matérialise la présence de l'autre. » Cette poétique est pensée en des termes quasi mathématiques : les gestes, d'abord exposés un à un, s'additionnent puis se combinent entre eux. Cette composition chorégraphique ressemble à s'y méprendre à une construction moléculaire, celle qui régit la possibilité de la vie sur la terre. Art et science sont donc conviés à entretenir un dialogue charnel, rappelant le mot de Paul Valery : « Dans le vrai, art et science sont des choses inséparables. » Voilà pourquoi dans ce projet physique, au double sens du terme, la lumière joue un rôle essentiel : le bain lumineux (créé par une savante combinaison de quinze néons qui forment un pentagone posé au sol) a pour effet d'abolir les frontières entre le noir et les danseurs. Comme dans les œuvres de Dan Flavin, la lumière des néons envahit l'espace, le transforme et le dématérialise. Ce bain lumineux a pour propriété d'abolir les frontières entre l'environnant et l'environné qui ne font plus qu'un ; ces tubes de gaz lumineux deviennent ainsi une “situation”, un lieu d'expériences perceptives liées aux ombres et aux déplacements des interprètes. Le bain lumineux transforme la pièce, bercée par la répétition et la constance de la vitesse, en ce que Pascal Montrouge appelle une véritable « narration organique. »



GÉNÉRIQUE
Pièce créée en novembre 1998 au Théâtre de l'Olivier - Istres
Re-création le 20 mai 2006 au Musée d’art de Toulon
Durée : 17 minutes
Chorégraphie : Pascal Montrouge
Interprètes : Cécile Maubert-Mantsoe et Diane Soubeyre
Musique : Husdent
Scénographie : Pascal Montrouge
Styliste : Jen Colonna
Re-création lumière : Serge Damon
Production : Compagnie Pascal Montrouge
Commande de la ville de Toulon
Avec le soutien du Ballet Preljocaj - CCN d’Aix-en-Provence



La théorie d'antoine - Extension

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Photo Bernard Sebastien

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