Notes de création
“J'ai souvent pensé contre moi-même” ai-je écrit dans “Les mots”. Cette phrase n'a pas été comprise. On y a vu un aveu de masochisme. Mais c'est ainsi qu'il faut penser, se soulever contre tout ce qu'on peut avoir d' “inculqué” en soi. Jean-Paul Sartre
Un projet de compagnie
Comprendre, construire, montrer : voilà le sens de « Objets chorégraphiques » désormais associé au nom de la compagnie Pascal Montrouge. Les termes posent clairement le projet de la compagnie aujourd'hui : articuler deux créations Os (2006) et Superman et moi (2007) autour d'une même réflexion sur la complexité des liens poétiques qui traversent les notions d'exode, d'exil et d'exotisme. Deux créations qui, bien qu'élaborées dans deux réalités géographiques spécifiques, s'inscrivent dans une même continuité artistique : “Comme les morceaux d'un vaste puzzle, ces pièces doivent se rappeler qu'elles pouvaient former un tout avant d'être désunies”, remarque le chorégraphe.C'est en parlant d'exil intérieur que Pascal Montrouge, originaire de l’île de La Réunion, propose d’aborder en premier le sujet de l'exil : “S'expulser de soi comme un exode volontaire a une conséquence brutale : sa propre mise en exil”. Dans la continuité de ce regard intérieur porté sur le différent, Superman et moi - pièce cousue à même la peau de dix danseuses des hémisphères Nord et Sud - abordera une forme plus complexe “d'exode / exil” : l'exotisme. “Comment regarde-t-on l'autre quand il vient à nous ?”, s'interroge ici Pascal Montrouge. Une question qui n'est pas sans évoquer “l'exotourisme” dont parle aujourd'hui la plasticienne Dominique Gonzales-Forester pour qui l'autre est “une accumulation de souvenirs et aussi un questionnement sur le regard, cette pulsion scopique qui nous pousse à vouloir voir”.
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